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woensdag 22 oktober 2008

Syndrome d'aliénation parentale - tables des matières

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THÈSE

Présentée à l’Université Claude Bernard-Lyon1

Et soutenue publiquement le 22 octobre 2008

Pour obtenir le grade de Docteur en Médecine

DEDICACE


Pour tous les enfants aliénés,

Pour tous les parents aliénés.

« J’aurais bien envie de voir mon père, mais je me sens comme prisonnière, j’aurais l’impression de trahir ma mère et peut-être elle me rejetterait définitivement… »

Alexandra, 26 ans, victime d’un SAP, handicapée par des attaques de panique chroniques.

« Je refuse définitivement de voir mon père parce qu’à chaque fois que je l’ai au téléphone il se plaint de ne pas assez me voir… »

Sarah, 28 ans, victime d’un SAP, après avoir appelé son père pour la première fois en 6 ans.

« Je me souviens, quand tu étais enceinte de moi de 5 mois,
tu as voulu me tuer… »

Sophia, 13 ans,victime d’un SAP, s’adressant pour la dernière fois à sa mère.

UNIVERSITE CLAUDE BERNARD LYON 1

FACULTE DE MEDECINE LYON-NORD


par Bénédicte GOUDARD

22 Octobre, 2008



TABLE DES MATIERES

1. INTRODUCTION

2. EXPOSE D’UN CAS CLINIQUE

3. LE SAP

3.1. Définition et étymologie

3.2. Un cas particulier de la relation d’emprise

3.3. Le contexte du SAP

3.3.1. Une séparation conflictuelle
3.3.2. L’entourage
3.3.3. L’hypothèse fausse fonde le SAP
3.3.4. Le temps est un autre facteur non négligeable dans la formation d’un SAP
3.3.5. L’arrivée au SAP


R Partie B

3.4. Description du SAP

3.4.1. Des relations de base faussées
3.4.1.1. La triangulation
3.4.1.2. Réorganisation de la triangulation lors d’un divorce
3.4.1.3. Triangulation et SAP
3.4.2. Le parent aliénant
3.4.2.1. Parent surprotecteur
3.4.2.2. Parent vengeur
3.4.2.3. D’autres motivations inconscientes possibles
3.4.2.4. Le visage du parent aliénant : « je contrôle la situation, rassurez vous mes enfants »
3.4.2.5. Les techniques de manipulation (Voir Figure 4)


R Partie C

3.4.3. Le parent aliéné
3.4.3.1. Impuissance
3.4.3.2. Stress post-traumatique
3.4.3.3. Humiliation et déchéance sociale
3.4.3.4. Fréquence de la perte d’emploi ou d’un reclassement professionnel le rétrogradant
3.4.3.5. Dépression
3.4.3.6. Syndrome phobique et méfiance paranoïde
3.4.3.7. Deuil impossible
3.4.4. Les enfants aliénés
3.4.5. Un abus émotionnel ou psychologique/ la chosification des enfants
3.4.6. Un cercle vicieux

3.5. Conséquences sur l’enfant


R Partie D

3.6. Le beau-parent

3.7. Les nuances

3.7.1. Différence aliénation parentale simple et SAP
3.7.2. Différencier le SAP de situations d’abus
3.7.3. Différencier une crise d’adolescence d’un SAP
3.7.4. Le piège du SAP
3.7.5. Un syndrome contesté, essentiellement par les féministes
3.7.6. Une composante émotionnelle forte
3.7.7. De la question du DSM IV

4. ELEMENTS DE REFLEXION SUR LES APPORTS DU SAP ET TENTATIVES POUR DONNER UNE UNITE A CE SYNDROME

4.1. Un phénomène sociologique

4.2. Ebauche de réflexion sur les mécanismes de base du SAP

4.2.1. Le syndrome des faux souvenirs
4.2.2. La notion de bouc émissaire
4.2.3. Le Syndrome de Stockholm
4.2.4. Le Syndrome de Münchhausen par procuration
4.2.5. La « folie à deux » ou trouble psychotique partagé
4.2.6. Un peu de complexité


R Partie E

5. DEFINIR ET UTILISER LE SAP EN TANT QUE PROFESSIONNEL DE SANTE

5.1. Les stades définis par GARDNER

5.1.1. Léger
5.1.2. Moyen
5.1.3. Sévère
5.1.4. Les mesures préconisées par Gardner aux Etats-Unis

5.2. Evolutions autour du SAP au Canada et dans quelques pays d'Europe

5.3. Le retard de la France

5.4. Quelques recommandations générales aux médecins applicables en France.

5.4.1. Concernant les relations avec le réseau social
5.4.2. Concernant le soutien du parent aliéné
5.4.3. Concernant le rôle du médecin
5.4.4. Les questions essentielles pour un diagnostic rapide

6. CONCLUSION


R Partie F

7. BIBLIOGRAPHIE


R Partie G

8. ANNEXES

8.1. Cas clinique du DR. GARDNER exposant un traitement de SAP au stade moyen

8.2. Lettre d’un enfant à ses parents séparés



TABLE DES ILLUSTRATIONS

Figure 1 : Triangulation
Figure 2 : Triangulation et divorce
Figure 3 : Triangulation et SAP
Figure 4 : Les techniques de manipulation

1. INTRODUCTION

Le SAP ou Syndrome d’Aliénation Parentale a été décrit pour la première fois en 1985 par Richard A. GARDNER(a), Pédopsychiatre américain, Professeur à l’Université de Columbia, pour définir un certain nombre de situations pathologiques de fréquence croissante associées à des divorces hautement conflictuels. Voici sa définition :

« Le Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP) est un trouble de l’enfance qui survient presque exclusivement dans un contexte de dispute concernant le droit de garde de l’enfant. L’enfant l’exprime initialement par une campagne de dénigrement à l’encontre d’un parent, cette campagne ne reposant sur aucune justification. Le SAP résulte de la combinaison de la programmation du parent endoctrinant (lavage de cerveau) et de la propre contribution de l’enfant à la diffamation du parent cible. Lorsqu’un abus et/ou une négligence parentale existent vraiment, l’animosité de l’enfant se justifie et ainsi l’explication de ce comportement par le syndrome d’aliénation parentale ne s’applique pas. »

Le SAP est un sujet explosif qui reste polémique car il concerne autant le milieu judiciaire que médical, et ce, dans des contextes de « guerre parentale » où prendre position est délicat. Il nous vient des Etats-Unis, et reste encore confidentiel en France. La littérature anglo-saxonne est conséquente, mais les articles francophones sont peu nombreux. La justice est réticente à faire entrer dans les cours un diagnostic médical sur un conflit et les médecins se sentent gênés de devoir s’impliquer dans des histoires familiales, qui semblent plutôt relever de la compétence de l’assistante sociale.

Et pourtant, la responsabilité d’un médecin est engagée en tant que premier confident de ces familles. Son devoir, avant tout, est de protéger des enfants, et ceci en conservant une position neutre et bienveillante, mais incitative. Or, l’ignorance du personnel médico-social ne peut que faciliter la cristallisation de telles situations. Et poser un diagnostic est impossible pour un oeil non averti, car vu de l’extérieur, tout va bien. Cependant, ce diagnostic est indispensable, car la prévention est la clé pour préserver la santé mentale de nombreux enfants dans des situations de maltraitance psychologique.

  1. Richard Alan Gardner est né le 28 avril 1931. Plusieurs de ses ouvrages font autorité en pédopsychiatrie dont « Parental Alienation Syndrome », cités comme références par l’American Psychiatric Association. Professeur à l’université de Columbia de 1963 à 2003, il a été le premier aux Etats-Unis à élaborer des jeux permettant l’expression de l’enfant lors d’une expertise. Frappé par les comportements étranges d’enfants dans des contextes de divorce, il a identifié certains mécanismes et a publié son premier ouvrage sur le SAP en 1985. A partir de ce moment, les parents aliénants, confondus par ses travaux ou dans ses expertises, ont engagé une campagne de critiques et de dénigrement. Le Dr. Michael J. Bone écrit dans un hommage posthume qu’à bien des égards le Pr. Gardner a incarné le parent aliéné type. Il s’est suicidé le 25 mai 2003, à la suite de douleurs neurologiques insoutenables.

2. EXPOSE D’UN CAS CLINIQUE

(le cas clinique a été retiré)

3. LE SAP

3.1. DEFINITION ET ETYMOLOGIE

Le Syndrome d’Aliénation Parentale est un phénomène complexe car insidieux. De fait, il échappe à toute tentative de définition simple, dans la mesure où il existe autant de définitions que de situations familiales. Cependant, tous les enfants atteints présentent des symptômes communs.

Le terme aliénation, qui choque parfois, renvoie à l’étymologie latine. Le nom féminin alienatio, alienationis signifie :

  • Transmission légale d'une propriété, aliénation, cession, vente
  • Egarement, aliénation (de l'esprit), folie. C’est ce sens restreint du terme que nous avons retenu habituellement en français : « alienatio mentis » ou aliénation mentale qui signifie que la personne devient détachée des autres du fait de la perturbation de son esprit.
  • Eloignement, défection, désaffection, mésintelligence, désunion, séparation, rupture, division, aversion.

Outre la notion de transmission de propriété à quelqu’un d’autre, le terme aliénation possède le double sens de devenir étranger à, avec en plus une notion d’animosité à l’égard de cette personne.

Un ou plusieurs enfants sont « annexés », prennent parti pour un de leurs parents et se coupent de l’autre, jusqu’à devenir agressifs ou hostiles. Dans les cas les plus graves, toute visite est impossible et parfois, le conflit va jusqu’au meurtre du parent détesté. Tout se fait comme si subitement, le monde (dans le sens microcosme dans lequel naviguent les enfants) se simplifiait en « bons » d’un côté et « méchants » de l’autre. Les enfants restent du côté du parent aliénant, le « bon » parent, la famille et les amis proches de ce bon parent, et le parent rejeté que nous appellerons aliéné est considéré comme le « méchant », avec le reste de sa famille à lui, et ses amis. Ce système est la résultante d’une manipulation essentiellement inconsciente du parent aliénant, et du comportement des enfants eux-mêmes, qui perçoivent le parent aliénant comme victime, et veulent le soutenir tout en s’assurant du maintien du lien qui les unit à celui-ci.

Malheureusement, les faits s’enchaînent sur un mode pervers et dans une chronologie telle, que l’entourage moins proche ne réalise pas ce qui se passe, et par acquiescement passif, entérine cette vision du monde. Plus le temps passe, plus cette version imprime la vie et les émotions de l’enfant aliéné, constitue sa réalité et dès lors devient « vraie ».

En somme, une fois le processus enclenché, aucune tendance spontanée de guérison ne s’observe, au contraire, la plupart des cas livrés à eux-mêmes évoluent vers la forme grave.

Il est certain que ce genre de situation ne date pas d’aujourd’hui. Le syndrome d’emprise existait déjà au sein de certaines familles n’ayant pas vécu la séparation. Cependant, le syndrome d’aliénation parentale se développe de manière exponentielle depuis l’avènement du divorce et la séparation accentue tout syndrome d’emprise préexistant. Les parents se séparant, les enfants sont souvent sommés de prendre part pour l’un ou l’autre et deviennent un « enjeu » très facilement pour les adultes. Un procès en justice peut cristalliser les conflits. Dans l’inconscient collectif, il y a un perdant et un gagnant, donc un bon et un méchant. La charge émotionnelle est telle que les parents oublient aisément que les enfants restent des enfants et ne doivent pas entrer dans ces conflits d’adultes. Dans ces conditions, cet enfant « enjeu » peut facilement passer du statut de sujet à celui d’objet. Et là se trouve le terreau de l’aliénation parentale. Mais rien n’est jamais affirmé aussi clairement, l’intérêt de l’enfant est toujours brandi comme l’obsession de chacun des deux parents. Pour un observateur extérieur non averti, ces conflits semblent inextricables et le mettent en échec.

Ce phénomène a été décrit relativement récemment aux Etats-Unis, et reste totalement méconnu en France. Aussi, pour l’instant, nous ne disposons d’aucun chiffre de prévalence et d’incidence. Mais pour un esprit informé sur l’aliénation, il suffit de s’intéresser à son entourage, pour réaliser que celle-ci est très fréquente, à des degrés divers. Etablir des statistiques est encore problématique, puisque ce sujet est tabou : le parent aliénant considère qu’il gère parfaitement une situation, tandis que le parent aliéné en plus de son rejet, de sa honte, est forcement soupçonné d’être un mauvais parent par le reste de la société. Pour quelqu’un qui n’a pas étudié le sujet, il est difficile d’imaginer qu’un rejet aussi massif ne puisse se fonder sur rien de répréhensible de la part du parent aliéné.

Pour s’appuyer sur des données très grossières, les chiffres qui circulent estiment qu’environ un mariage sur deux finit par un divorce actuellement. Le nombre moyen d’enfants par femme en France est de 2,1. Or il semble que le syndrome d’aliénation parentale concerne 5 à 10% des divorces, dont les 2/3 sont au stade grave.

D’autres chiffres indiquent que la moitié des enfants ne voit plus l’autre parent avec lequel ils ne vivent pas au bout de deux ans.

3.2. UN CAS PARTICULIER DE LA RELATION D’EMPRISE

Le syndrome d’aliénation parentale a été décrit par les anglo-saxons essentiellement, mais il s’apparente à ce que la littérature francophone nomme « relation d’emprise ». La pulsion d’emprise correspond au terme « Bemächtigungstrieb » de Freud utilisé pour la première fois en 1905 pour décrire une pulsion de domination par la force, à différencier de toute énergie sexuelle initialement. Il la rattache secondairement en tant que composante de l’érotisme et du stade anal, puis à la pulsion de mort.

R. Dorey a repris ce concept de pulsion d’emprise et l’a développé afin de décrire la « relation d’emprise ». Cette notion regroupe de nombreuses situations très variables, de la manipulation d’une nation à des situations intrafamiliales, en passant par les phénomènes sectaires et le harcèlement moral. Le but est de s’approprier l’autre en tant qu’objet de désir, de nier voire détruire sa différence, ce qui le fait « autre ». La relation est systématiquement pensée en termes de dominant/dominé, aucun autre type de relation n’est envisageable pour l’instigateur.

La victime d’une relation d’emprise est figée, paralysée, face à cet instigateur, sa seule issue est de courber l’échine. L’expérimentation animale a pu reproduire un comportement assimilable à celui de la victime. Des chiens ont été soumis à des décharges électriques répétées, alors qu’ils étaient attachés. Une fois libérés, ils n’avaient plus le réflexe de s’enfuir lorsque les décharges étaient de nouveau transmises.

Dans le SAP, la relation d’emprise est un peu particulière, car elle s’applique du parent aliénant sur le parent aliéné et les enfants à la fois. Et les enfants l’alimentent également en participant activement au meurtre symbolique du parent aliéné. Une relation d’emprise existe naturellement à minima entre les parents et les enfants. Mais dans les SAP, elle sort du cadre « normal ». Il n’y a plus de tiers, l’interaction devient fusionnelle et destructrice.

Gardner, par son travail sur le SAP, a approfondi la description d’un type très précis de relation d’emprise intrafamiliale confinant au pathologique. Cette étude lui a permis de dégager des orientations pour un diagnostic rapide et surtout des mesures simples et efficaces à appliquer rapidement pour protéger les enfants. Se focaliser sur un tel aspect a le bénéfice de sortir le soignant de l’impuissance dans la prise en charge thérapeutique d’une relation d’emprise.

3.3. LE CONTEXTE DU SAP

Pour arriver à la situation de SAP, des circonstances « favorables » doivent être réunies. Chacune de ces circonstances paraît dérisoire, voire négligeable prise isolément, pourtant telle une araignée qui tisse sa toile fil après fil, elles vont participer au piège qui se referme sur la famille éclatée. Dans certains cas, les évènements sont beaucoup plus dramatiques et précipités. Le scénario est violent, brutal, et demande à l’enfant de prendre position dans l’urgence. Revenir en arrière sera d’autant plus difficile.

3.3.1. Une separation conflictuelle

Tout d’abord, dans un SAP, le divorce est forcément conflictuel dès le départ. Peu de divorces se règlent à l’amiable, il est vrai. Mais si d’emblée, la séparation s’effectue dans le respect mutuel, le risque d’aliénation est quasiment nul. En revanche, une séparation conflictuelle est à haut risque pour les enfants. Cette évidence est à rappeler : tant que les adultes n’ont pas résolu leurs conflits, les enfants en pâtiront. Ils sont tout à fait capables de ressentir les tensions et les non dits, et se sentiront obligés de prendre part et de soutenir en apparence le parent le plus faible si les adultes ne les écartent pas clairement de cette situation.

Plus la situation sera tendue, plus un parent se sentira lésé, gardera un désir de vengeance ou de haine, plus l’enfant sera impliqué dans ce conflit, voire prié directement ou indirectement de prendre parti. Bref moins l’enfant se sentira en sécurité, plus il y aura risque d’aliénation. En d’autres termes, les parents doivent parvenir à séparer très nettement leurs dissensions de couple de la parentalité pour protéger l’enfant.

3.3.2. L’ENTOURAGE

Il joue un rôle fondamental dans la gestion de ces déchirements. Il représente une énorme masse passive si je puis dire, qui va participer à faire basculer la balance d’un côté ou de l’autre. Le parent aliénant imagine qu’il peut être le seul bon parent. Si l’entourage accepte sa vision du monde, il va la conforter. La question de l’individu ne se pose plus. C’est la somme des « regards extérieurs » qui va contribuer à faciliter l’installation de cette situation ou non. En bref, des voisins immobiles qui considèrent que chacun gère ses enfants comme bon lui semble et qui ne se permettront pas de dire que la situation est étrange, renforcent la position du parent aliénant. Le médecin qui ne pose pas la question du père ou de la mère absente facilite également la tâche de ce parent, même si cette interrogation va créer un grand malaise dans le cabinet. Comprenons-nous bien, il n’est en aucun cas question d’être intrusif dans la vie d’autrui, ni d’avoir un regard normatif sur l’autre, mais la tolérance n’est pas l’indifférence. Si personne n’interfère, la famille, puis certains amis, et ainsi de proche en proche une certaine masse de personnes vont contribuer à créer un cocon protecteur de cette situation anormale. Par leur silence, ils seront comme garants de la normalité de ce genre de relation pour le parent aliénant. Mais ils peuvent se montrer plus zélés et refuser à leur tour de revoir le parent aliéné décrit comme un monstre et cautionner ainsi la thèse du parent aliénant.

La vie est évidemment plus complexe. Le parent aliénant s’arrangera pour écarter les personnes qui ne soutiendraient pas sa cause. Le plus souvent les enfants aliénés sont progressivement « protégés » de toute mauvaise influence extérieure et évoluent dans un vase clos. Quant aux amis infidèles, eux aussi seront tout simplement rejetés voire calomniés.

L’entourage peut également participer activement et inciter à l’aliénation. Les parents du parent aliénant sont parfois les premiers à chercher à éliminer « l’autre » parent. Un nouveau conjoint peut trouver grand intérêt à créer ou encourager la zizanie afin de conforter sa place toute nouvelle.

3.3.3. L’HYPOTHESE FAUSSE FONDE LE SAP

Cette hypothèse va établir le socle du cercle vicieux de la haine et de l’incompréhension. Le parent aliénant réécrit l’histoire du divorce et convainc ses enfants en premier lieu, puis son entourage, de proche en proche de la véracité de sa version des faits. Il n’y a plus de place à l’alternative. Une seule version est possible, celle du parent aliénant, les autres sont fausses, et il va déployer toute son énergie à la rendre crédible. Les circonstances du divorce sont ainsi dramatisées, les scénarios réécrits chaque fois sous un jour plus péjoratif, il peut même y avoir de fausses allégations d’abus sexuel ou de maltraitance physique sur les enfants concernés. Le scénario le plus classique est : « Votre père est méchant, il nous a abandonnés ! » ou «C‘est à cause de votre mère que je souffre, je vais mettre fin à mes jours ! »

Le conflit est donc présenté sous des jours très différents par les deux parents. Aussi, l’entourage est souvent sommé par le parent manipulateur de prendre parti pour l’un ou l’autre, et il est difficile de démêler le vrai du faux, et ce, d’autant plus qu’on est toujours tenté de croire la version la plus dramatique, en supposant que l’autre version minimise les faits.

La méconnaissance des besoins fondamentaux des enfants dans la société, l’impuissance dans laquelle peut nous plonger ces conflits, la difficulté à obtenir des informations neutres renforcent la position du parent aliénant.

3.3.4. LE TEMPS EST UN AUTRE FACTEUR NON NEGLIGEABLE DANS LA FORMATION D’UN SAP

Et contrairement à ce que le sens commun voudrait croire, il en est l’ennemi implacable. Lorsque des enfants commencent à refuser de voir l’un des deux parents, à le rejeter, le compte à rebours est enclenché. Si personne ne vient en aide à cette famille à ce moment précis, la situation ne pourra que s’aggraver. Or, souvent, l’entourage intervient alors pour minimiser le problème et rappeler que le temps arrange tout. Ce n’est pas du tout le cas. Plus le temps s’écoule, plus le conflit se cristallise et plus il est difficile de revenir en arrière. Effectivement, même si le recul manque, les enfants peuvent finir par revoir le parent qu’ils ont rejeté autrefois, mais lorsque c’est le cas, c’est 10 ans, 20 ans, voire 40 ans après. Le temps a effectivement modifié la donne, mais à quel prix ?

Tout se passe comme si les hypothèses fausses de départ étaient validées chaque jour davantage. Les souvenirs se reconstruisent sur le modèle de la fausse hypothèse, et du côté du parent aliénant ainsi que des enfants aliénés, il est plus facile de se raccrocher à ce souvenir que de ressentir de la culpabilité et de regretter lorsque les choses sont allées trop loin. Du côté du parent aliéné, le temps contribue chaque jour à déliter le peu de lien qu’il restait.

Rappelons que la notion de temporalité ne s’inscrit pas de la même façon dans la tête d’un enfant que dans celle d’un adulte. Chaque année qui s’écoule voit la transformation physique et psychologique de l’enfant et de l’adolescent. Aussi, toute cette période sans l’un des deux parents est irrémédiablement escamotée. Le lien s’effiloche, et dans l’hypothèse d’un retour des enfants vers le parent aliéné, il ne sera plus jamais le même dans la majorité des cas. Les enfants resteront des étrangers. Heureusement, dans un nombre de cas non négligeable, le lien peut se reconstruire 10, 20 ans après en quelques minutes, comme si le parent aliéné et l’enfant s’était quittés la veille, mais avec le sentiment d’un énorme gâchis.

3.3.5. L’ARRIVEE AU SAP
  • Une vision du monde faussée
    Le parent aliénant instille peu à peu sa vision du monde dans le cerveau des enfants aliénés par le biais de techniques de manipulation développées ci-dessous, tout en éliminant systématiquement toute personne refusant d’approuver ce récit. Cette vision particulière les coupe de leur ancien entourage et va favoriser le travail de sape ultérieur.
     
  • La frayeur
    Elle n’est jamais avouée, mais représente un point clef de cette relation d’emprise. Ce peut être l’angoisse que le parent aliénant se suicide, qu’il n’aille pas bien car c’est le discours tenu aux enfants. Le parent aliénant peut effrayer également les enfants par ses attitudes et paroles manipulatrices, son langage à double contrainte, son regard plein de sous-entendus. Ce peut être également la peur du comportement du parent aliéné, diabolisé par le parent aliénant, qui entrave l’éventuel désir de liberté de l’enfant aliéné.
     
  • Le devoir de loyauté
    C’est l’assise de l’aliénation, la motivation essentielle des enfants. Les enfants comprennent très vite qu’ils sont invités à choisir entre deux parents. Le parent aliénant sous-entend que ce ne peut être que l’un OU l’autre, de manière exclusive. Tiraillés entre ces deux pôles, ils vont choisir le côté qui leur coûtera le moins d’énergie en apparence, c'est-à-dire le parent aliénant. Ce parent est souvent celui dont ils ont le plus peur d’être rejeté. Même s’ils se sentent soulagés dans l’instant, ils se retrouvent perdants, car ils sont prisonniers de l’un des parents, et obligé de trahir l’autre. Ce choix est en réalité un non-choix qui va conditionner ultérieurement le sentiment de l’enfant. Il proclamera avoir décidé par lui-même de refuser de visiter le parent aliéné.

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3.4. DESCRIPTION DU SAP

3.4.1. DES RELATIONS DE BASE FAUSSEES
3.4.1.1. La triangulation

Le SAP se conçoit plus aisément en se basant sur la triangulation familiale de base : le père, la mère, (ou assimilés probablement dans les couples homosexuels s’il y a lieu), le ou les enfants qui représentent le troisième pôle.

Normalement, on a le schéma suivant :

Triangulation
Figure 1 : Triangulation

Dans des rapports considérés comme sains ou normaux, chacun a une place bien attribuée. Pour simplifier, prenons le modèle classique du père et de la mère. On pourra très bien réutiliser le modèle en remplaçant le « père » et la « mère » arbitrairement définis par parent n°1 et parent n°2. La mère porte son enfant et la relation est fusionnelle dans les premiers mois. Le père en tant que tierce personne va protéger la mère lors de cette relation fusionnelle puis aider l’enfant à quitter cette relation de fusion pour s’intéresser peu à peu au monde extérieur et communiquer autrement. Il va sortir l’enfant de la toute-puissance que lui conférait cette relation si intime avec sa mère. Plus tard, il se peut que la mère intervienne à son tour comme tierce personne pour rééquilibrer une relation trop fusionnelle avec le père. Ainsi, par le jeu des échanges, l’enfant va progressivement construire sa personnalité à partir d’un modèle masculin et féminin, ou plus simplement à partir de la notion de différence entre les deux parents. Cette différence relativise le poids décisionnel et autoritaire de chaque parent, le poids de sa personnalité. Chacun a la place de se construire et d’exister dans le respect et la différence. Elle permet l’expérimentation d’une altérité et la construction de la personnalité de l’enfant.

Attention, il faut préciser ici la différence entre les mères célibataires abandonnées ou veuves et les parents aliénants. Les parents aliénants verrouillent d’emblée toute possibilité d’altérité et/ou la nient en constituant de fait un abus de pouvoir tandis que les parents seuls, sains, sont théoriquement capables de construire des relations fondées sur l’altérité pour l’enfant.

Par ailleurs, dans cette relation de triangulation, si chacun est à sa place, dans une vision idéale, les parents protègent les enfants, respectent leurs besoins fondamentaux, leur enseignent les limites à ne pas franchir et ainsi les élèvent, c'est-à-dire les aident à grandir.

Les enfants quant à eux respectent et obéissent (la plupart du temps !!) à leurs parents. Là encore, attention, je ne parle pas de respect servile, mais bien plutôt de reconnaissance, d’acceptation et de l’apprentissage de la vie en communauté avec les parents.

3.4.1.2. Réorganisation de la triangulation lors d’un divorce

Lors d’un divorce, le lien entre les deux parents est coupé, mais les parents communiquent toujours (plus ou moins difficilement) dans l’intérêt de l’enfant. Même si leur vie de couple n’existe plus, la parentalité reste. Ils se retrouvent forcés d’échanger au sujet des horaires de garde des enfants, de leurs vacances, de l’école, des notes, des amis, des loisirs et sont bien obligés de trouver un terrain d’entente. L’enfant peut préférer l’un ou l’autre des parents (ce qui est toujours le cas à un moment donné) à telle ou telle période, mais un parent sain est conscient de l’importance du maintien des liens avec l’autre parent. Il incitera activement ses enfants à appeler, n’acceptera pas que les enfants parlent de l’autre en termes injurieux. Bien sûr, les rancoeurs peuvent subsister et des dérapages subvenir, personne ne peut être un parent parfait. Mais là encore, il s’agit d’une question de degré de variations de la normale, laissant de côté une éventuelle relation pathologique.

Triangulation et divorce
Figure 2 : Triangulation et divorce

La triangulation persiste donc par le biais du lien de parentalité, et s’enrichit éventuellement de nouvelles interactions avec un beau-parent, un demi-frère…

3.4.1.3. Triangulation et SAP

Dans le SAP, tous les schémas classiques sont éclatés. Les relations perdent toute fluidité pour se réorganiser autour d’UN parent dit parent aliénant, qui devient le centre et le « superviseur » de toute communication. Désormais, même en son absence, son souvenir au moins est présent dans l’esprit des enfants, comme pour les protéger ou les mettre en garde contre l’autre parent. Il représente la seule figure d’autorité. Il va inconsciemment ou plus consciemment programmer le bloc des enfants, ainsi que l’entourage afin de valider ce nouveau modèle. L’altérité n’a plus sa place, un seul modèle a le droit d’exister et est reconnu comme bon.

Triangulation et SAP
Figure 3 : Triangulation et SAP

Le parent aliénant ne remplit plus sa fonction de protection des enfants du fait du conflit de la séparation, qui le déborde. Une relation fusionnelle s’installe entre le parent aliénant et les enfants (dans certains cas cette relation peut d’ailleurs exister avant la séparation parentale), entraînant une confusion des notions d’identité et d’autonomie chez les enfants.

Le lien de confiance et de soutien mutuel qui existait autrefois entre les deux parents se redéploye entre parent aliénant et enfants. Le lien entre les deux parents est complètement anéanti, la notion de parentalité commune n’existe plus, et le parent aliénant s’arrange pour que le lien parent aliéné /enfants soit anéanti à son tour. Pour cela, il utilise les enfants comme instrument de destruction.

Les enfants deviennent un intermédiaire entre les deux parents, l’instrument de la vengeance et de la haine du parent aliénant. Ils sont en quelque sorte chosifiés. Ils n’ont plus de réel pouvoir décisionnel par eux-mêmes, mais sont subordonnés à l’autorité du parent aliénant.

Si la fratrie comporte plusieurs enfants, le lien entre eux est renforcé du fait de l’objectif commun, éjecter l’autre parent. Ceci concourt à leur donner l’apparence d’un seul bloc.

Les enfants sont soumis à une double contrainte. Ils soutiennent le parent aliénant qui se présente toujours comme victime. Ils le font à la fois parce qu’ils aiment ce parent, et en même temps parce qu’ils savent intuitivement qu’ils seront rejetés s’ils ne le soutiennent pas. Le parent aliénant parentalise les enfants en les élevant hiérarchiquement au même niveau que lui pour un temps, tant qu’il se présente comme victime et seul bon protecteur des enfants. Puis, simultanément, et c’est là que le procédé est pervers, il utilise son autorité naturelle pour inciter par des non-dits l’enfant à rejeter l’autre parent.

L’enfant se retrouve pris au piège de ces liens faussés : il devient à la fois responsable et victime lui aussi de ce processus. Comme le parent aliénant. Mais le parent aliénant « oublie » que ce n’est qu’un enfant et que ses soi-disant « choix » se calquent sur ceux du parent aliénant. L’enfant ne peut pas avoir le même degré de conscience qu’un adulte. Une fois le cercle vicieux du rejet enclenché, une fois que l’enfant a participé à ce processus par des actes, il ne peut plus revenir en arrière. Il a peur d’être rejeté par le parent aliénant, et il a peur de son comportement vis-à-vis du parent aliéné. Et surtout il a goûté à la toute puissance d’être traité comme plus valable que son autre parent par l’anéantissement de tout lien hiérarchique.

La disparition de cette hiérarchie naturelle entraîne une confusion dans la place de l’enfant. Il est tantôt adulte, tantôt enfant, et c’est le parent aliénant qui distribue les rôles. En fait, celui-ci va décider pour l’enfant qui il doit être et quand. D’où l’abus de pouvoir qui en découle, avec la nécessité pour le parent aliénant de maîtriser et contrôler toutes les étapes et toutes les relations s’il veut maintenir cet équilibre factice en place. Les relations des enfants avec le parent aliéné passent désormais au crible de son bon vouloir, même si ce n’est pas dit. En effet, ces relations seront acceptées ou non, en fonction de la situation, et la plupart du temps acceptées et exploitées lorsqu’un enjeu matériel est potentiel.

Le parent aliéné, de son côté, ne peut voir ses enfants que si le parent aliénant le veut bien. Les relations ne sont plus spontanées car toute tentative de sa part est transformée en échec par le reste de la triangulation. Il en est purement et simplement éjecté.

Le terme « inceste platonique » mérite d’être discuté à ce niveau. Cette expression est utilisée par C. Eliacheff et N. Heinich dans leur ouvrage « Mères-Filles une relation à trois » pour mettre en valeur les deux aspects de l’inceste : la sexualité ET l’exclusion d’un tiers. Elle répond à la notion de «l’inceste sans passage à l’acte » définie par Aldo Naouri, qui considère qu’une relation mère-enfant est obligatoirement une forme d’inceste, mais appelle dans le même temps les pères à davantage tenir leur rôle de séparateur. Cette expression « inceste » a l’avantage de souligner les dégâts psychiques encourus par un enfant englué dans une telle relation, fille comme garçon.

A mon sens, P.-C. Racamier explicite mieux que quiconque cette situation lorsqu’il oppose l’inceste à l’OEdipe. L’OEdipe permet la différenciation sexuelle et des générations, l’enfant ligoté dans une relation d’emprise éjecte l’OEdipe au profit de l’incestuel. L’enfant est incapable d’entrer en conflit avec le parent instigateur pour arriver à une autonomisation et à une différenciation suffisantes.

Tous ces éléments sont volontairement schématisés à l’extrême et ne suffisent pas à rendre toute la complexité des différentes situations.

3.4.2. LE PARENT ALIENANT

Au début des années 80 aux Etats-Unis, le parent aliénant était dans environ 85 à 90 % des cas la mère. Ce ratio évolue avec le temps. Aujourd’hui, les mères resteraient le parent aliénant dans 60 % des cas environ.

Le parent aliénant se considère comme le seul bon parent. Le but inconscient ou non est de rejeter voire de détruire l’autre parent et de réparer sa blessure narcissique. Ce parent jouit en apparence de toute sa santé mentale, et sait toujours présenter les faits sous un aspect qui lui est favorable.

Aucune étude à ce jour n’existe, permettant de cerner réellement un profil de parent aliénant. Certains auteurs parlent de « dysfonctionnements parentaux mineurs ». Gardner évoque surtout des personnalités à tendance hystérique ou paranoïaque.

R. Dorey quant à lui détermine deux types de personnalités responsables de relations d’emprise : les pervers et les obsessionnels. P. C. Racamier évoque pour sa part les pervers narcissiques. En réalité, tous les profils de personnalité peuvent se voir, car les instigateurs sont « normaux » et responsables de leurs actes. Des situations de stress peuvent exacerber certains aspects de la personnalité d’un individu. Celui-ci pourrait peut-être revenir à la normale si des cadres clairs lui étaient rappelés.

Nous allons essayer de typer ici deux profils de parents aliénants en simplifiant à l’extrême, pour tenter de démonter leurs mécanismes de fonctionnement…

3.4.2.1. Parent surprotecteur

Le parent surprotecteur se figurera qu’il est le seul « bon » parent, et à ce titre investi de la seule « bonne » autorité capable d’éduquer les enfants. Il croit réellement bien faire et est convaincu de la nocivité potentielle de l’autre parent, qui de toute façon ne pourra pas faire aussi bien que lui. Il s’agit là d’une fragilité narcissique. Ce parent aura tendance à mettre l’enfant dans un cocon pour qu’il ne lui arrive rien. Le parent aliéné étant perçu comme néfaste pour lui dans ses souvenirs et dans sa perception du fait de l’échec de leur vie en commun, il ne pourra assurer l’éducation correctement. L’argument donné peut-être une infidélité, une moins grande compétence pour assurer les tâches ménagères, ou un rapport différent à l’argent. Le parent aliéné sera considéré comme trop autoritaire, ou trop faible, ou le nouveau conjoint ne trouvera pas grâce aux yeux du parent aliénant, bref ce dernier trouvera toujours quelque chose qui n’ira pas et qui constituera une justification suffisante de rejet.

Le parent aliénant se considère comme le seul bon parent, parfait, et multiplie les signes auprès de l’entourage pour être reconnu comme tel. Le modèle psychiatrique le plus proche est l’hystérie. Typiquement, ce parent aura tendance à fabriquer des syndromes de « Münchhausen par procuration ».

3.4.2.2. Parent vengeur

Le parent vengeur agira beaucoup plus consciemment. On peut le rapprocher de la figure du paranoïaque ou encore du pervers narcissique décrit initialement par Racamier, et popularisé par M.-F. Hirigoyen.

Le parent paranoïaque vit dans la peur de l’autre parent et du mal potentiel qu’il peut faire aux enfants. Il sera le premier à accuser l’autre parent de toutes sortes de sévices imaginaires, d’un comportement violent ou totalement inadapté. Il se montrera également très habile devant les tribunaux et pour rallier les anciens cercles d’amis communs à sa cause.

Le pervers narcissique est le plus redoutable. Familier des relations perverses, il utilisera les enfants pour atteindre l’autre à un degré plus ou moins fort. Son but est de détruire, et tous les moyens sont bons. Tout a commencé bien avant la séparation. L’agresseur a déjà multiplié les signaux à l’encontre du parent ultérieurement aliéné afin de le discréditer. Sans qu’il n’y ait de signes évidents. Tout se passe par des non dits,- que ce soit des regards, des petites mimiques- ou par des refus répétés, des humiliations… L’autre n’est jamais assez bien pour lui. Parfois, pour « appâter » ses victimes, le pervers est capable de gentillesse transitoire, soudaine, qui confirmera sa victime dans le fait qu’elle n’a pas fait les choses correctement si son conjoint est désagréable avec elle, qu’elle le mérite. Un climat de peur s’installe. Un cercle vicieux est enclenché, dont la victime mettra du temps à sortir, pour peu qu’elle y échappe. En cas de divorce, une des seules échappatoires possibles, le pervers narcissique continue sa traque. Utiliser les enfants est le « moyen » le plus sensible, celui qui touchera l’autre au coeur. Ainsi donc, en programmant les enfants à détester l’autre, le pervers amplifie le phénomène qu’il avait entamé, et sait intuitivement que c’est le meilleur moyen de détruire infailliblement l’autre dans tout ce qu’il a de plus sensible, à plus ou moins long terme. Il augmente son « stock d’armes » dans la guerre qu’il avait déclaré depuis longtemps, sous des apparences d’amour et de conjoint « parfait ».

Dans toutes ces figures de parents aliénants, tous les artifices en leur pouvoir seront utilisés pour apparaître comme de bons parents aux yeux de la société, car finalement c’est ce qui leur importe le plus. Ils se montrent très habiles dans l’art de mystifier les experts psychiatres, les tribunaux…

3.4.2.3. D’autres motivations inconscientes possibles

Bien sûr, d’autres motivations inconscientes entrent parfois en jeu. La lutte contre la dépression se rencontre régulièrement. Il s’agit d’un conflit paradoxal où le parent a le sentiment de se sentir mieux et met toutes les manifestations psychosomatiques de côté. En fait il lutte contre sa propre dépression en se montrant extrêmement revendicateur.

Dans la confusion transgénérationnelle le parent est infantilisé par son propre parent et utilisé par lui. Les parents du parent aliénant s’impliquent dans le procès.

Beaucoup d’autres motifs peuvent être découverts. Fomenter un SAP permet entre autres de lutter contre un sentiment d’insuffisance, d’impuissance, un manque de confiance en sa valeur propre, ou d’être submergé par la perspective d’une entrevue judiciaire…

Les éléments mis en jeu peuvent être aussi variés que le sentiment de revanche, la culpabilité, la peur de la perte de l’enfant ou de sa première place dans la vie de l’enfant, le désir d’avoir le contrôle absolu de l’enfant, la jalousie à l’encontre de l’autre parent, le désir d’obtenir un moyen de pression pour un meilleur partage post divorce, la volonté d’une meilleure prise en charge matérielle de l’enfant ou d’une pension alimentaire. Une histoire antérieure d’aliénation, d’abandon, d’abus sexuel ou de maltraitance, de problème de manque de sécurité personnelle ou même de perte d’identité peuvent également se rencontrer. Toutes ces raisons, compréhensibles, vont cependant amener le parent aliénant à créer un type de relations mortifères pour l’ensemble de cette famille morcelée.

3.4.2.4. Le visage du parent aliénant : « je contrôle la situation, rassurez vous mes enfants »

Le parent aliénant affiche un masque de victime et sait se montrer le parent solide, digne de confiance en même temps. Il va manipuler, de manière très subtile, parfois à son insu, les enfants pour les amener à faire bloc avec lui et modifier toutes les apparences. Pour cela, les armes sont :

* Son double statut de victime et meilleur parent

Le parent aliénant joue sur deux tableaux et brouille les cartes pour apparaître aux yeux de ses enfants et donc à lui-même comme le seul bon parent.

La victime : Il va réécrire un scenario où il est la victime, et où les enfants sont assimilés à des victimes aussi, ce qui contribue subtilement à dénigrer l’autre parent.

Ce peut être par des propos tenus tous les jours, présentant l’autre sous son plus mauvais jour et responsable de tout. La répétition de ces propos suffira à convaincre l’enfant et à l’imprégner.

Les paroles ne sont pas nécessaires. De petits signes suffisent, comme un haussement de sourcils lorsque l’enfant parle de l’autre parent, une moue qui sous entend beaucoup de choses, en parler comme l’autre, l’évoquer toujours avec un ton méprisant ou le considérant comme accessoire…

Ce peut être par des comportements dramatiques : par exemple se braquer un revolver sur la tempe devant les enfants en affirmant vouloir se suicider car l’autre vous a abandonné…

Il est forcément la victime afin de susciter la pitié : « Ce salaud nous a abandonné », « Cette garce nous manipule ! » Le théâtralisme est de mise, on se présente comme la pure victime convaincante d’une trahison pour attendrir son auditoire, y compris auprès des acteurs sociaux, en jouant sur les notions d’argent et d’abandon notamment. Tout cela concourt à créer un climat de danger dans l’esprit des enfants. Ainsi des mères très riches, qui font des achats extravagants peuvent faire croire à leurs enfants qu’ils sont au bord de la famine.

Cette victimisation va jusqu’à nier tout rôle dans le conflit.

Les hommes aliénants sont encore plus pervers car moins crédibles que les femmes dans ce registre. En effet, les femmes sont souvent (mais pas toujours !) plus vulnérables que les hommes lors d’un divorce du fait de conditions financières et de poste de travail moins rémunérés ou moins stables.

Le meilleur parent : Le parent aliénant joue sur tous les plans en se présentant également comme le seul parent parfait, avec comme corollaire la dévalorisation des capacités parentales du parent aliéné. Il utilisera le sarcasme : « Après toutes ces années, il a quand même réussi à t’emmener lui-même au foot ! », « Je préfère que mon enfant reste avec moi ce week-end, elle est malade » dira une mère au père de sa fille, en présence de l’enfant qui présente un rhume banal lors d’un week-end qu’elle aurait dû passer avec son père.

De fait, la surmédicalisation est fréquente, pouvant atteindre dans certains cas un Syndrome de Münchhausen par procuration.

* Instaurer un climat de peur pour conforter son emprise sur l’enfant

Pour cela, il fait planer en permanence la menace de l’abandon d’une part. L’impression de sécurité de l’enfant est complètement brisée par le divorce initialement. Au lieu de rétablir un milieu qui rassure et protège, le parent aliénant ne reconstruit pas ce climat de sécurité, empêtré dans se propres contradictions conflictuelles qu’il n’a pu résoudre. L’enfant le ressent et s’imagine que le parent qui lui reste peut l’abandonner à son tour.

Le parent aliénant suggère également que l’autre parent est potentiellement menaçant pour l’enfant. Là encore, rien n’est dit, mais un climat est instauré pour que l’enfant s’en persuade. La menace imaginaire est beaucoup plus terrible pour l’enfant que la réalité, car il ne sait pas à quoi s’en tenir.

Ce climat de peur peut se propager jusqu’à l’entourage. Les amis, instituteurs, peuvent aussi être impressionnés par l’attitude très agressive du parent aliénant prêt à tout pour « protéger » son enfant.

* Créer un conflit de loyauté afin de détruire l’autre parent

L’enfant aime ses deux parents et se sent écartelé entre les deux initialement. Il a une position d’ambivalence au moins pour un certain temps. Mais puisque il s’agit d’une guerre il faut prendre position pour survivre. Ceux qui ne font pas le bon choix sont immédiatement rejetés.

Le parent aliénant, par des non-dits, va inciter l’enfant otage à l’action et le transformer ainsi en enfant soldat. Il s’agira d’un petit acte en apparence anodin initialement, mais dirigé contre l’autre parent.

Une fois le processus enclenché, l’enfant est pris au piège. Pris dans sa culpabilité, il ne peut plus revenir en arrière, tout en s’étant séparé de l’autre parent par des actes. Le parent manipulateur lui fera comprendre que s’il a commencé par un geste, il peut aller encore plus loin pour lui plaire. Les actes à l’encontre du parent aliéné se font devant la fratrie, puis les voisins lorsque par exemple ils se roulent par terre en hurlant pour ne pas aller chez le parent aliéné. Ce regard d’autrui pérennise l’acte, le rend irréversible si l’enfant veut rester cohérent avec lui-même et le monde dans lequel il vit, à savoir celui du parent aliénant. L’engrenage est lancé. Le seul mécanisme de survie pour l’enfant, pour s’arracher à sa culpabilité, est le clivage. Une fois clivé, il a « résolu » sa souffrance : pour ne plus ressentir de douleur il suffit de faire disparaître l’autre parent. Ce mécanisme constitue l’un des nombreux exemples de « raisonnement en boucle » du SAP : les enfants se replongent dans leur tourment au contact du parent rejeté. Leurs déclarations typiques « on ne veut plus te voir car tu nous fais souffrir » ou bien « on se sent bien mieux de ne plus jamais te revoir » sont donc partiellement sincères.

* Nier le lien de parenté avec l’autre parent, en désidentifiant l’enfant

Il s’agit du paroxysme de l‘aliénation parentale. Chercher à gommer et effacer la part de l’autre parent dans l’identité même de l’enfant. Ceci peut venir du parent mais aussi de l’enfant pour lui plaire. Ceci est toujours vrai dans le cadre d’un remariage où le parent aliénant va chercher à éliminer l’échec, la tache du passé dans une vie qu’il veut reconstruire comme parfaite.

Plus efficacement que des dénominations péjoratives, le parent aliéné peut être appelé par son prénom, afin de nier son rôle et les liens existant avec l’enfant. Cela lui sape du même coup toute autorité ainsi que la place particulière qu’il détenait jusqu’à présent dans la vie et la construction de l’enfant.

Plus grave, le parent aliénant (il s’agira alors de la mère) peut entamer une procédure pour changer le nom de famille de l’enfant. Elle lui donnera ainsi son nom de jeune fille ou le nom du beau-père. L’enfant est alors amputé de son passé et d’une partie de son identité.

Le prénom peut être remplacé dans les cas extrêmes. On rebaptise pour donner une nouvelle vie en quelque sorte, comme dans les sectes, ce qui majore encore la confusion identitaire et la dépersonnalisation.

3.4.2.5. Les techniques de manipulation (Voir Figure 4)

Il est intéressant d’étudier ces techniques afin de les repérer dans un conflit. L’accumulation de plusieurs de ces procédés doit alerter le praticien et l’inviter à éliminer un SAP. Plutôt que d’insister sur les techniques en elles mêmes, nous allons donner des exemples beaucoup plus parlants. Il est important de souligner que ces procédés sont utilisés spontanément par le parent aliénant et souvent en toute bonne foi. Il s’agit rarement d’un calcul, ce qui rend difficile leur repérage.

* La trilogie infernale

Comme dans la publicité, les techniques les plus éprouvées sont toujours les meilleures. La programmation, qu’elle se fonde sur des messages directs ou indirects, implicites ou explicites, verbaux ou non-verbaux, repose toujours sur ce trépied.

Répétition

Le message est répété jusqu’à ce qu’il soit considéré comme vrai, il s’agit d’un véritable « lavage de cerveau » ou « endoctrinement ».

Attention sélective

L’attention sélective consiste à diriger toute l’attention des enfants sur les qualités négatives de la cible. Parfois, aucun commentaire négatif ne sera émis, mais l’attention des enfants sera focalisée sur certains points à l’aide de questions afin de maintenir une perception manichéenne.

Abstraction contextuelle

En poussant l’autre parent à la faute, le parent aliénant focalise l’attention de l’enfant sur cette erreur pour justifier et aggraver le dénigrement. Ce peut être tout simplement « Désolé, je ne peux pas t’acheter ce jouet car papa ne me donne pas assez d’argent ». Mais, par la suite, le lien enfants aliénés/parent aliéné se dégradant de plus en plus, le parent aliéné poussé au désespoir du fait de son impuissance peut se mettre à hurler, injurier les enfants ou l’autre parent. Le parent aliénant s’empressera alors de « récupérer » le comportement du parent aliéné pour justifier ses propos : « Vois comme elle est hystérique ! » ou « Elle est vraiment incapable de comprendre que vous avez besoin d’affection après tout ce que vous avez vécu… »

* La toute puissance du parent manipulateur

Tous les prétextes sont bons pour asseoir son autorité et effacer l’ « autre » de la vie de l’enfant.

Mépris, intransigeance et suffisance pour exclure l’autre

Le ton utilisé pour évoquer l’autre est systématiquement péremptoire, hautain, dédaigneux, passionné : « Ah, ta mère, celle-là… » Le parent aliénant crée une méfiance permanente. Il peut par exemple choisir de filtrer tous les appels téléphoniques en laissant le répondeur branché en permanence, ou appeler toutes les dix minutes ses enfants lorsqu’ils sont chez l’autre parent, afin de leur demander si tout va bien.

Il va préférer systématiquement faire garder ses enfants par quelqu’un d’autre que le parent aliéné en cas d’absence. Il choisit d’utiliser une complicité malsaine entre enfants et parent aliénant pour ne pas donner d’informations à l’autre parent : par exemple pouffer de rire tous ensemble quand le parent aliéné laisse un message sur le répondeur que tout le monde entend sans décrocher.

Il encourage une perception manichéenne des faits chez l’enfant : « Ton père s’est mis en

colère : je savais bien qu’il était violent », « Ta mère a un ami, c’est vraiment une putain ! » Dans le cadre de la scolarité et des activités parascolaires, le parent aliéné ne sera jamais informé, ou avec retard, et le bloc parent aliénant/enfants aliénés se tiendra toujours soigneusement à distance du parent pestiféré si jamais ils sont amenés à se trouver dans la même salle pour une réunion. Un père ne sera pas informé du changement d’établissement de son enfant et se verra répondre par son propre enfant : « Mais si, tu le savais bien, de toutes façons, tu fais comme si tu n’étais jamais au courant ! »

Rationalisations et autres justifications

Il s’agit d’un mensonge ou d’une déformation de la réalité visant à masquer son refus de la présence du parent aliéné dans la vie de l’enfant. Si le parent aliénant est confronté à son méfait, il dira qu’il plaisante ou ergotera la signification des mots…

« Il n’y a pas assez de jouets chez elle. Elle se plaint toujours qu’il n’y a pas assez de jouets chez elle… » ou encore « Elle habite dans un quartier mal famé, je ne lui fais pas confiance pour garder les enfants. » Si le parent aliéné ne sait plus où sont scolarisés ses enfants car ils ont été changés d’établissement, « Il n’a qu’à demander, mais il ne cherche jamais à voir ses enfants… » alors que ses enfants refusent de le voir et l’insultent systématiquement. Dans le même ordre d’idée, si une mère ne reçoit pas les bulletins scolaires d’un petit garçon de 6 ans, le parent adverse prétextera respecter le choix de cet enfant qui ne souhaite pas le montrer à sa maman…

L’empiètement sur le temps de l’autre et le sabotage de la visite

La rigidité et inflexibilité horaire sont de mise : « Si tu les ramène une minute en retard, j’appelle la police… », « Si tu arrives une minute en retard, tu n’auras pas les enfants .» Chipoter sur les horaires précis des visites et gardes des enfants , empiéter sur le temps de l’autre exacerbent le climat de haute tension.

Un certain pharisaïsme associé à une notion de « vérité » et à une « sainte rage » évoquent irrémédiablement des prétextes religieux

« Ca ne m’étonne pas d’elle ! » Le message dénigre la cible et sous-entend que le parent aliénant est le plus propre, au dessus de tout soupçon.

La fermeture et l’intransigeance de cette nouvelle famille ressemble à un comportement sectaire. La notion de souillure et d’exclusion en découlent de fait. Le parent aliéné n’a pas le droit de pénétrer dans le nouveau domicile du conjoint, il reste à la porte si jamais il venait chercher ses enfants. Ce comportement peut être reproduit par les enfants qui, même en l’absence du parent aliénant, peuvent rester cloîtrés chez eux et ne même pas daigner ouvrir la porte à l’autre parent.

Des enfants changent systématiquement de vêtements lorsqu’ils se rendent au domicile du parent aliéné, ces vêtements sont réservés pour cet usage exclusivement. Toujours dans cette optique de souillure/pureté, une fille aliénée devenue adulte raconte comment sa mère accrochait systématiquement de l’ail, comme pour éloigner les vampires, si jamais son père venait à passer.

La notion de vérité est plus subtile: « Le copain de ta maman t’as montré son zizi, n’est ce pas ? Ça c’est la vérité. » Il s’agit de tromper l’enfant sur la notion de vérité. Celui-ci perçoit que « la vérité » correspond aux propos du parent aliénant. Cette manipulation est particulièrement redoutable car si l’on interroge ensuite l’enfant en lui demandant s’il dit la vérité, il répondra « oui » en toute bonne foi.

Les prétextes religieux sont très fréquents aux Etats-Unis, de toute façon, on flirte de très près avec l’aliénation de droit divin, position proche d’un dogme religieux : « Votre mère n’est pas seulement une mauvaise mère, c’est une pécheresse ! » Du coup, il est difficile de faire la part des choses entre sentiments personnels et impératifs moraux. Toutes ces techniques sont également utilisées dans les sectes.

* Renforcer la cohésion avec les autres et le lien symbiotique avec les enfants

Conspirer avec les autres pour renforcer la programmation ou « l’espionnage et les agents secrets »

Désigner le parent aliéné comme bouc émissaire à exploiter en donnant des « missions » à l’enfant se voit classiquement : encourager l’enfant à demander des cadeaux astronomiques, espionner, mentir, rapporter, dissimuler, voler des objets ou des documents. Le but est de renforcer la cohésion par la conspiration en n’hésitant pas à utiliser la communauté civile.

Souligner les engagements communs et la complicité

Tout ceci vise à instaurer un lien pseudo-incestueux avec l’enfant, qui se retrouve valorisé, en étant placé sur le même plan que l’adulte. Si la boulangère rend deux euros de trop, on partagera systématiquement avec l’enfant.

La collusion s’établit en utilisant le « nous » au lieu de la première personne, notamment pour certaines prises de décisions : « Nous allons très bien. » Si l’enfant se plaint que le parent cible l’oblige à faire ses devoirs avant de regarder la télévision, le parent aliénant répondra : « Elle te traite vraiment comme une gamine ! »

L’isolement

Le parent programmeur s’arrangera pour que l’enfant n’ait que des contacts limités avec toute personne ne partageant pas son opinion. Ceci est vrai surtout dans les premiers temps de la mise en place du SAP. Une fois l’habitude ancrée, nul besoin d’entretenir la programmation et les enfants deviennent fermés à toute information ne cadrant pas avec le dogme de leur réalité.

Les confidences

Certains parents n’hésitent pas à dévoiler à leurs enfants des détails de leur vie intime, parfois du fait de leur détresse, ou pleurent sur leur sort en leur présence, les plaçant ainsi sur un pied d’égalité et obtenant leur soutien inconditionnel.

La neutralité

Typiquement, un parent aliénant déclare : « Je respecte leur décision de ne pas aller voir leur mère s’ils n’ont pas envie », il assurera à son enfant qu’il le défendra quoi qu’il arrive pour faire respecter son opinion. En revanche, aller chez le dentiste ou la grand-mère du parent aliénant ne se discutera pas… On sous entend que ce n’est pas grave de ne pas aller voir l’autre parent, que ça n’a pas beaucoup d’importance. La version perverse : « Je respecte ton courage pour affirmer ton droit à être entendu », dira le parent aliénant. Ou encore, dans la double contrainte : « Tu dois y aller, si tu n’y vas pas, il va nous faire un procès, il ne nous payera pas la pension alimentaire… ».

La complaisance avec les enfants et la permissivité

La permissivité et l’« achat » des enfants en flattant leur immaturité ou en assouvissant tous leurs désirs (montagne de cadeaux, ne pas faire ses devoirs) sont des phénomènes très répandus. Le non-dit est clair : on fait croire à l’enfant qu’on le gâte pour le consoler du divorce et de la « méchanceté » de l’autre parent. De fait, les enfants développeront de la frustration vis-à-vis du parent aliéné.

Encourager les enfants à exploiter la cible

Cette manoeuvre très efficace consiste à transformer les attentes affectives des enfants envers l’autre parent en attentes matérialistes. Papa ou maman aliéné devient « le portefeuille ». Cette manoeuvre perverse met systématiquement l’autre en situation d’échec, car tous les cadeaux de la terre ne pourront remplacer l’affection d’un parent (ce que les enfants aliénés recherchent inconsciemment malgré tout), le parent aliéné ne donnera jamais assez.

Programmer les enfants contre les tentatives de déprogrammation

Le parent aliénant va tout de suite prévenir l’enfant pour le « protéger » de l’autre parent : « Méfie-toi, c’est un très grand manipulateur ». « Elle semble très gentille, mais c’est pour mieux t’enlever une fois que tu auras accepté d’aller chez elle. »

* Les messages négatifs sur la cible

« Tu nous harcèles »

C’est une accusation courante : par exemple, lorsque l’autre parent appelle au téléphone : « ils mangent », « ils font leurs devoirs », « ils sont avec des amis »… le moment choisi pour appeler n’est jamais le bon ! La moindre tentative de contact est considérée comme du harcèlement. « Si tu continues de nous mettre cette pression pour voir ton fils, on va se retrouver avec un suicide d’adolescent ! »

Projections sur le parent cible

Le Dr. Warshak, Psychologue américain spécialiste du SAP, cite l’exemple d’une mère qui ordonnait à sa fillette de 8 ans de garder son maillot de bain lorsque son père la lavait alors qu’il l’avait toujours baignée sans problème avant le divorce. Le message implicite est clair, le climat de suspicion est tel que l’enfant ne peut pas rester indemne dans cette situation de guerre et méfiance réciproque. Les projections peuvent être multiples, elles attribuent à tort à l’autre ses propres pulsions ou fantasmes inavoués.

Suggestions, insinuations et double contrainte

Un exemple de double contrainte serait : « Je pourrais te dire des choses sur ton père/ta mère qui te rendraient malades si tu le savais. Mais je ne suis pas le genre de parent qui critique un parent devant ses enfants ! » ou « Votre mère est au téléphone, voulez-vous parler avec elle ? » avec une mimique faciale suggérant de ne pas répondre.

Une technique particulièrement perverse consiste à encourager l’enfant à visiter l’autre parent en sachant pertinemment que la visite se déroulera mal. Au retour de celui-ci, mal à l’aise, le parent aliénant de souligner « Ha, tu vois dans quel état tu rentres ! » sur le ton catastrophé insinuant qu’il faut cesser de voir l’autre.

Messages ouverts

« Il est capable de tout ! »

Exagération du comportement négatif de la cible

« Il faut toujours que ta mère se présente comme une victime, elle fait croire à tous qu’elle est la plus malheureuse… »

Mensonges sur le compte de la cible

« Il gagne beaucoup d’argent mais il le cache pour ne pas nous en donner! », « Je ne voulais pas vous le dire, mais maman a tourné des films pornographiques dans sa jeunesse… »

Révisionnisme de l’histoire avec les enfants pour effacer tout souvenir positif de la cible

Tout est fait pour que le parent aliéné devienne un sujet tabou et que sa seule évocation déclenche l’angoisse dans le groupuscule parent aliénant/enfant(s) aliéné(s). Tout souvenir positif sera rabaissé, ou nié par le parent aliénant : «Comment peux-tu te souvenir que ta mère te prenait dans les bras : elle n’a pas dû le faire souvent, elle était tellement occupée ! »

Prétendre que le parent cible a totalement changé

Le parent aliénant profite de circonstances qui se rencontrent fréquemment après un divorce, lorsqu’il n’est pas rare que les gens changent de coiffure ou de style de vêtements, pour déclarer : « Depuis qu’il est avec cette femme, il est capable de n’importe quoi, il a complètement changé ! », C’est une affirmation très classique visant à rationaliser l’attitude agressive de l’enfant envers la cible.

Les techniques de manipulation
Figure 4 : Les techniques de manipulation

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Syndrome d'aliénation parentale - partie C

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3.4.3. Le parent aliene

Le parent aliéné est avant tout une victime. Il est cependant issu d’un contexte. Il peut s’agir de problème familiaux passés, une histoire d’immigration ayant poussé à couper avec ses origines, un passé d’enfant aliéné, de bouc émissaire, une histoire personnelle de fuite, la peur de perdre une relation avec les enfants, des soucis de santé mentale, une colère intense à l’égard du parent aliénant, voire un désir caché d’abandonner sa famille. Cependant, tous ces arguments sont à utiliser avec précaution, car le monde médico-judiciaire et l’entourage le jugent facilement comme démissionnaire et responsable au moins partiellement de ce qui se passe, alors qu’il est dans l’impuissance, et surtout dans une situation bloquée.

3.4.3.1. Impuissance

C’est le sentiment majeur de ce parent. Quoi qu’il fasse, tout se retournera toujours contre lui. Une fois le processus enclenché, le moindre de ses gestes est TOUJOURS interprété de manière négative par ses enfants. De la même façon, la plupart des gens sont toujours beaucoup plus réceptifs à des ragots négatifs que positifs. Si un mensonge a été diffusé sur le compte du parent aliéné : «Elle a pratiqué des attouchements sexuels sur ses enfants », « Il m’a battu », « C’est un salopard qui nous a quitté pour la première venue », celui-ci devient forcément suspect. Et ce d’autant plus que le parent aliénant, sachant intuitivement que plus un mensonge paralyse par son contenu émotionnel, plus il a de chances d’être cru, soutiendra ce genre de propos avec virulence pour qu’on ne remette surtout pas ce mensonge en question.

Le parent aliéné ne peut plus rien faire pour se réhabiliter aux yeux de ses enfants. La masse du voisinage qui a été soigneusement informé de toute l’affaire par le parent aliénant le considère mal voire le rejette. A un moindre degré, l’entourage ne veut plus s’impliquer dans une histoire aussi passionnelle et lui refusera tout soutien ou oreille attentive.

Son impuissance va s’étendre progressivement à d’autres domaines de sa vie. Devant les experts, les avocats et les juges, le parent se présentera sous son plus mauvais jour, car exaspéré par le comportement monstrueux de ses enfants, fracassé dans l’estime de soi et isolé dans son sentiment d’incompréhension générale.

Il s’agit véritablement d’un processus de guerre qui est mis en route par le parent aliénant contre le parent aliéné. Les enfants en sont les armes.

3.4.3.2. Stress post-traumatique

Tous ces rejets, agressions, humiliations s’accumulent pour le parent aliéné, jusqu’à développer un syndrome de stress post-traumatique.

Le parent aliéné, traumatisé par le rejet brutal de ses enfants, ne sait plus comment réagir, redoutant une nouvelle attitude encore plus hostile. Ses enfants lui auront dit : « Je souhaite que tu crèves ! » Il en arrive au point où il redoute de rencontrer ses enfants. Imaginons un parent constamment humilié, critiqué, par ses enfants. Par hasard, il croise ses enfants dans la rue. Ceux-ci ne lui disent pas bonjour, bien sûr, mais de surcroît l’un deux peut se jeter juste à ce moment là dans les bras du nouveau beau-parent. Le message sous-jacent est clair : tu ne me manques pas, je préfère largement mon nouveau beau-parent. Comment après ne pas redouter de revoir ses enfants ? Comment ce parent peut-il encore savoir se comporter face à des enfants qui l’agressent chaque fois qu’un geste d’affection le pousse vers eux ? Ce stress l’empêchera de dormir, le rendra irritable, il ressassera des pensées négatives en permanence, le sujet ressortira dans les conversations. Puis il s’étendra dans les autres domaines de sa vie : professionnel, relations amicales, et bien sûr le handicapera pour une éventuelle nouvelle relation amoureuse. « J’aurais mieux fait de ne pas divorcer, je verrais encore mes enfant, même si nos relations de couple étaient un enfer… »

3.4.3.3. Humiliation et déchéance sociale

Le parent aliéné est déchu tacitement de son statut de parent. L’humiliation est massive. Se faire rejeter et rabaisser en permanence par ses propres enfants affaiblit peu à peu l’estime de soi du parent aliéné, ou le met dans une situation de rage silencieuse. Il en arrive à avoir honte de parler de ses soucis. La société en effet n’est pas tendre vis-à-vis des personnes rejetées et ne reconnaît pas ce problème. Une mère rejetée par ses enfants passe pour une mauvaise mère quoi qu’il arrive. Quant au père, on comprend mal qu’un homme divorcé puisse attacher autant d’intérêt à ses enfants sans raison suspecte. Il devrait au contraire se réjouir d’être libéré de la contrainte de ses enfants. Le parent aliéné reste majoritairement le père. Cette « éjection » réussie pose encore peu question dans nos sociétés où le lien père/enfant apparaît bien moins important que le lien mère/enfant. Sa souffrance sera donc d’autant plus difficile à expliquer.

L’exploitation via la demande d’argent et de cadeaux est une autre forme d’humiliation. Le rapport à l’argent n’est jamais simple chez les humains, mais dans le SAP, il prend une coloration particulière. C’est le seul lien perdurant entre les enfants et le parent aliéné. A ce titre, il prend une valeur symbolique, et les enfants cherchent à exploiter leur cible, à la fois pour faire mal, et en même temps probablement parce qu’ils transfèrent leur besoin du parent aliéné sur l’argent, tout en refusant tout contact.

3.4.3.4. Fréquence de la perte d’emploi ou d’un reclassement professionnel le rétrogradant

Cette humiliation, cette déchéance parentale, ainsi que cette immense douleur ébranlent fortement la personnalité du parent. Les conséquences sont directes. La qualité du travail en souffre. Il paraît moins dynamique. Le syndrome dépressif est insoluble car la situation de SAP s’éternise sur des années, voire toute la vie. Peu à peu, à force d’arrêts de travail ou de fautes professionnelles, les opportunités se raréfient, la vie sociale est touchée, l’emploi est le premier concerné.

3.4.3.5. Dépression

Le désespoir mène rapidement à un syndrome dépressif, voire au suicide ou à un accident suicidaire. Trop souvent, un père ou une mère aliéné(e), désespérant d’un conflit impitoyable dont ils ne voient pas l’issue et sur lequel ils n’ont aucun contrôle, quittent la vie d’une manière ou d’une autre, car c’est la seule marge d’action qu’il leur reste.

Dans l’autre sens, ce désespoir peut mener le parent à la faute. Dans des cas extrêmes, des parents aliénés cherchent à aller au crime. Tuer le juge qui ne les a pas compris, l’avocat qui les a davantage humiliés, ou surtout le parent aliénant tellement la situation semble perdue : « Huit années de prison valent mieux que de passer ma vie sans revoir mes enfants à souffrir de leur rejet, et à savoir qu’ils souffrent». Seuls de rares parents passent à l’acte, mais il semble à peu près certain que tous y songent au moins une fois dans leur désespoir.

Sans aller jusqu’à ces situations terribles, le désespoir va modifier le comportement du parent aliéné. Il se présentera alors sous son plus mauvais jour devant une expertise psychologique, devant une cour. Il sera à son tour hystérique ou paranoïaque suivant les cas. Bien entendu, par cette attitude, il contribue à se discréditer encore plus aux yeux de ses enfants et de la société, renforçant sa mauvaise image de soi.

Le parent rejeté peut choisir aussi l’exil, pour ne plus subir le rejet, pour essayer de mettre de la distance et donc d’oublier ses enfants. Et ce, le plus loin possible. Cette fuite apparaît comme l’ultime tentative de se reconstruire.

3.4.3.6. Syndrome phobique et méfiance paranoïde

Ils peuvent apparaître chez certains, accompagnées d’idées obsessionnelles.

Supporter un rejet aussi intense et brutal est extrêmement déstructurant pour la psyché. Sans soutien extérieur ou reconnaissance, sans ami compréhensif, sur terrain déjà fragilisé psychologiquement, le basculement dans ce type de pathologies mentales peut se faire très vite. Le fait de ne pas pouvoir nommer un dysfonctionnement relationnel grave renforce encore le sentiment d’isolement et d’incompréhension du parent aliéné.

L’entourage, par son incompréhension, son indifférence cruelle, ainsi que la dureté et les malfaçons éventuelles du monde judiciaire peuvent achever de rendre littéralement fou le parent. Il se sentira menacé par ses enfants qui lui ont dit qu’ils souhaitaient le voir mourir, trompé et floué par le monde incompréhensible des procédures, et regardé bizarrement par le voisin qui se demande vraiment ce qui ne va pas chez lui/elle pour que les enfants refusent de le/la voir ?

3.4.3.7. Deuil impossible

Comment vivre sans ses enfants lorsqu’ils sont toujours en vie ? La relation est impossible, comme avec une personne décédée, et pourtant l’enfant est en vie… L’espoir de le revoir est présent, entamer un travail de deuil dans ces conditions est impossible. Le parent aliéné est ainsi tiraillé entre l’espoir et le deuil, constamment, non sans conséquences potentielles pour sa santé mentale. Une Africaine responsable d’une association pour les enfants mutilés du Rwanda, dont les enfants ont été découpés à la machette sous ses yeux, a très bien résumé la situation. Elle a confié à une mère aliénée : « Je vous plains, votre situation est pire que la mienne. J’ai les os de mes enfants dans mon jardin, je sais qu’ils sont là, même si c’est dur. Vous, vous ne pouvez ni faire le deuil, ni être en paix. »

3.4.4. LES ENFANTS ALIENES

Ces enfants n’existent plus pour eux-mêmes mais comme objet de conflit entre les deux parents. D’ailleurs, ils forment un bloc en toute circonstance. On peut même se demander si le parent aliénant ne voit plus ses enfants en tant que bloc plus que des individualités. J’ai ainsi entendu une mère aliénante dire systématiquement : « ma progéniture » ; un autre parent aliénant avait noté sur la boîte au lettre « enfants » un tel, alors qu’il avait détaillé tous les noms et prénoms des deux parents du couple recomposé.

Le ou les enfants sont considérés comme aliénés même s’ils prennent une part active dans le processus. Tous les profils de situation peuvent se voir. Un enfant peut être plus aliéné qu’un autre, un enfant peut être aliéné tandis que son frère ou sa soeur pas du tout.

Les enfants qui démarrent un SAP ont en général entre 7 et 12 ans. Ils sont assez grands pour comprendre ce qu’il se passe au sein de la famille, donc le divorce, en même temps leur esprit critique n’est pas suffisamment affirmé pour se protéger de l’emprise de l’un des parents. Ils ont suffisamment de conscience de soi pour participer activement au conflit. Avant 7 ans, les enfants peuvent également être aliénés, en mon sens ils sont plutôt « raptés » car trop petits pour prendre leur place dans une campagne de dénigrement. Dans l’adolescence, le SAP peut se voir aussi, mais il est beaucoup plus délicat de faire la part des choses entre le rejet des parents assez classique chez les ados et la manipulation d’un parent aliénant.

Les deux sexes sont concernés par l’aliénation. On constate cependant que le meilleur soutien du parent aliénant est l’aîné du sexe opposé, comme si une partie de conflit était motivé par un complexe d’Oedipe. Cette question mériterait d’être étudiée dans le cadre particulier du SAP. Le parent aliénant utilise-t-il ce complexe d’OEdipe lors de la manipulation ? Est-ce l’enfant qui prend sa part motivé par ces pulsions ?

Ces enfants ont, au premier abord, un comportement global tout à fait normal, voire extrêmement sages et mûrs pour leur âge. Les résultats scolaires sont normaux, l’école peut même être surinvestie. En apparence, ce sont des enfants en parfaite santé psychique depuis le divorce. Ils se comportent également très bien au sein du domicile du parent aliénant. Ils ne font pas de cauchemars, ou moins que leurs amis du même âge confrontés au divorce. Ils ne semblent pas connaître d’angoisse de séparation. D’ailleurs les psychologues et psychiatres ne connaissant pas l’aliénation parentale s’y trompent, car ce petit monde fera tout pour ne pas perdre la face et donner la meilleure image possible.

Mais, en présence du parent aliéné, ils se conduisent comme de véritables petits monstres et rivalisent d’ingéniosité pour le blesser. Par loyauté envers le parent aliénant qu’ils voient comme une victime (et cette position de faiblesse renforce leur propre identification à ce parent, car un enfant s’identifie très facilement à un autre enfant malade, quelqu’un qui souffre, ou qui est en position de faiblesse comme lui), ils vont constituer le prolongement de cette main vengeresse.

Des enfants auparavant polis, bien élevés, peuvent se mettre à tout détruire dans la maison de ce parent, hurler et se rouler par terre en bas de l’immeuble face aux voisins de préférence, s’enfermer dans leur chambre et refuser de manger, bref toutes les bêtises possibles et imaginables deviennent soudainement tacitement autorisées en présence du parent aliéné. Ces actes sont clairement dirigés contre le parent aliéné: refuser de lui répondre, ne pas le regarder, lui lancer des objets à la figure, l’insulter, et les possibilités sont nombreuses… La solidarité de la fratrie renforce la force et la cohérence du groupe contre l’adversaire.

Car ils sont soudés dans l’adversité. L’adversité est en l’occurrence représentée par le parent aliéné. Ils se remotivent et se surveillent mutuellement dans le cas où l’un d’eux faillirait et se mettrait à ébaucher une tentative de conciliation.

Pour eux aussi, il est plus facile de se cliver que d’affronter ce conflit intérieur et l’angoisse de séparation qui en résulte. Ils font « comme si » un des deux parents ne devait pas exister et représentait un danger potentiel pour eux. Ils se referment ainsi sur un noyau familial plus réduit, mais cette position régressive les rassure. Elle les remet dans la relation fusionnelle de leurs premiers mois de vie et leur confère de la toute-puissance. Ceci compromet leur capacité de construire des relations d’adulte, mais n’est pas visible dans les premiers temps.

Il faut bien garder à l’idée que les enfants cherchent avant tout à survivre dans une situation dramatique. Ils doivent gérer le divorce et la perte d’un être cher dans des conditions hautement conflictuelles, gérer ce conflit à leur niveau, tout en poursuivant leur développement normal d’enfant.

Leur discours est extrêmement stéréotypé lorsqu’on les interroge sur les raisons du rejet de l’un des parents. « Il a été méchant ! », « Je me souviens d’une fois où elle m’a giflé ! », « Il veut toujours que nous fassions nos devoirs… » Il est fondé sur des arguments qui ne résistent pas à un questionnaire plus approfondi. Lorsqu’on demande vraiment aux enfants la cause de leur rejet, ils ne peuvent plus répondre, ou poursuivent une argumentation pseudo-rationnelle. Il mange de la viande ! », « Elle dit toujours des vilaines choses sur papa. » Et il est nécessaire de poser la question de l’origine du rejet, car l’enfant vit dans un monde de non-dits et de sous-entendus lourds qui marquent l’emprise. Verbaliser permet de mettre certaines situations à plat, et de sortir le praticien lui-même de l’emprise.

Des scénarios « adoptés » sont utilisés: les arguments et critiques utilisés par les enfants pour justifier leur comportements ne sont pas adaptés à l’âge : « Elle ne nous fait pas assez étudier sérieusement ! », affirmera un petit garçon de 8 ans, très sûr de lui.

Outre la rationalisation, certaines de leurs phrases reprennent mot pour mot des propos d’adulte. Il est facile de constater que ces mots ne leur appartiennent pas. Comment une fillette de 6 ans pourrait-elle proclamer : « J’hyperventile quand je dois voir mon père (…), je ne sais pas ce que ça veut dire, je sais juste que j’hyperventile ! » Ou encore un garçon de 7 ans dire : « Tu nous manipules, tu es pervers et tu nous mens tout le temps ! »

Ainsi, ces enfants deviennent de véritables armes contre le parent aliéné, et on peut utiliser l’expression « enfant-soldat ». Prolongation vivante de la haine du parent aliénant, ils en constituent la meilleure arme. Les répercussions émotionnelles de leurs attaques sont terribles, car un conflit nous touche d’autant plus qu’il vient d’une personne proche et aimée.

Leur haine s’étend à tout l’entourage du parent rejeté et de sa famille. Et ce jusqu’aux animaux domestiques autrefois adulés des enfants ! Warshak cite le cas d’une petite de 7 ans qui refusa brutalement après le divorce de répondre aux sollicitations répétées de son chien anciennement adoré car celui-ci avait eu le malheur de rester avec le parent aliéné… Le pauvre animal était totalement incapable de comprendre ce qui se produisait et continuait à la suivre…

Cette campagne de dénigrement et ces attaques vont évoluer avec le temps. A l’extrême, l’un d’eux peut assassiner le parent aliéné, ceci s’est déjà produit. L’évolution la plus fréquente se fait sur un mode d’indifférence hostile. Les ponts sont coupés, il n’y a plus d’attaque, mais on ne répond pas au téléphone, on ne lui parle plus, et on ne veut surtout pas rencontrer le parent aliéné. « On ne veut pas te voir car de toutes façons tu nous prends pour des objets, tu viens quand tu veux, tu ne nous appelles jamais ! » proclameront des enfants à un parent auquel ils avaient écrits auparavant qu’ils ne voulaient plus qu’il/elle leur écrive.

Cette indifférence hostile, une fois installée, peut se poursuivre toute leur vie. Ou, lorsque l’envie de reprendre contact avec le parent concerné leur viendra à l’esprit, ils ne pourront peut être plus le retrouver car celui-ci aura disparu, ou encore la peur les arrêtera, car ils réaliseront ce qu’ils ont fait. Dans certains cas, les enfants reprendront peut-être contact avec leur parent autrefois rejeté, dans des conditions toujours délicates, après parfois des années, avec l’amertume d’avoir gâché tant d’années par ces conflits.

Ces enfants ont la particularité de ne présenter aucune culpabilité, à un point tel que cette insensibilité vis-à-vis du chagrin du parent aliéné peut les faire ressembler à des psychopathes. En fait, ils sont tout à fait conscients, même s’ils ne se l’avouent pas, de torturer un parent innocent jusqu’à l’insoutenable. Simplement, ils se clivent pour ne pas ressentir le chagrin de leur parent rejeté et parce qu’ils refusent catégoriquement cette partie de leur identité.

Voici un très bel exemple d’un scénario adopté rapporté par le Dr. Gardner résumant le rôle des enfants dans l’aliénation:

« C’est la présence de ces rationalisations incroyables qui m’a initialement conduit à la conclusion que ce que je voyais là n’était pas simplement le résultat d’une programmation parentale mais que la propre contribution de l’enfant jouait un rôle important. Je me rappelle tout spécialement du cas de l’un de ces premiers enfants (au début des années 1980) qui venait de manquer un rendez-vous à cause du décès de son grand père paternel. Au début de notre première session de la semaine d’après, l’échange suivant eut lieu :

Gardner : Je suis vraiment désolé d’apprendre que ton grand père est mort.

Patient : Vous savez, il n’est pas simplement mort. C’est mon père qui l’a tué.

Gardner (incrédule) : Ton père a assassiné ton grand père, son propre père ?

Patient : Oui. Je sais qu’il l’a fait.

Gardner : Mais je croyais qu’il était à l’hôpital ? J’avais compris qu’il avait à peu près 85 ans et qu’il était en train de mourir de maladies des personnes âgées.

Patient : Ouais, ça c’est ce que mon père raconte.

Gardner : Mais toi, qu’est-ce que tu en dis ?

Patient : J’en dis qu’il l’a assassiné à l’hôpital.

Gardner : Comment a-t-il fait ?

Patient : Il s’est introduit dans l’hôpital la nuit et il l’a fait pendant que personne ne le voyait. Il a fait ça quand les infirmières et les docteurs étaient en train de dormir.

Gardner : Comment sais tu cela ?

Patient : Je le sais tout simplement.

Gardner : Est-ce que quelqu’un t’a dit ça ?

Patient : Non, juste je le sais.

Gardner (qui se tourne maintenant vers la mère qui est témoin de la conversation) : Que pensez-vous de ce qu’il a dit ?

Mère : Hé bien, je ne pense pas réellement qu’il l’a fait mais cela ne m’étonnerait pas de sa part.

Cette mère qui haïssait son mari de tout son être et qui était en train de promouvoir un SAP ne relayait pas spécialement cette allégation particulière. Néanmoins elle n’en était pas moins capable d’étirer la vérité dans sa réceptivité afin de croire les critiques de l’enfant contre le père. Je me rappelle encore cet échange comme l’un de ceux qui ont joué un rôle important dans ma reconnaissance du fait que les enfants étaient en train de créer des scénarios de leur propre chef, bien au-dessus et au-delà de ce que leur fournissaient les parents programmeurs. »

3.4.5. UN ABUS EMOTIONNEL OU PSYCHOLOGIQUE/ LA CHOSIFICATION DES ENFANTS

Il est crucial de comprendre que le SAP est un abus émotionnel aux conséquences aussi évastatrices qu’un abus sexuel. En effet, sous couvert de l’amour, c’est un processus destructeur qui se met en place, un véritable viol psychique. La place de l’enfant n’est plus respectée, ses besoins fondamentaux, à savoir le besoin d’un père ET d’une mère (convention des droits de l’enfant) sont niés. Pire, l’enfant apprend à nier ses besoins et à participer à ce processus de dénigrement. L’enfant est littéralement ligoté dans sa relation au parent aliénant et n’a plus d’espace propre pour développer son identité. Il est en permanence sous pression.

A un niveau très primaire, l’enfant a besoin d’affection, quelle qu’elle soit. Des expériences anciennes ont montré que les enfants privés d’amour pouvaient en mourir, ou du moins développer de graves lésions. Il est très probable que le beau-parent ou l’entourage peut apporter un environnement affectif suffisant. Cependant, les conditions de perte de l’amour d’un parent sont ici très particulières. Il existe un véritable clivage qui se crée au sein de la personnalité de l’enfant. Il apprend à nier ses sensations, à faire l’impasse sur ce qu’il ressent, pour survivre. Il ne peut plus se faire confiance. L’image du jugement de Salomon, mais à un niveau plus symbolique peut éclairer ce clivage. Salomon, devant deux mères qui réclamaient le même enfant ordonna qu’on le tranche en deux pour que chacune puisse en avoir une part. La menteuse était d’accord avec ce jugement. Cependant la véritable mère préférait encore que l’enfant lui soit enlevé et qu’il survive plutôt qu’il ne meure. Sur le plan symbolique, on est en droit d’affirmer que le parent aliénant demande à l’enfant de se couper en deux sur le niveau émotionnel, plutôt que de « laisser » l’enfant à l’autre.

Le processus d’identification semble également compromis. La transmission de tout un pan de l’héritage culturel de l’enfant s’arrête brutalement. L’enfant apprend à ne plus respecter l’un de ses géniteurs et se coupe de l’une des seules personnes au monde capables de lui donner avec joie un rein s’il le fallait. Sans raison valable. Comment dans ces conditions apprendre à se respecter soi-même ? Par ailleurs, pour grandir et affirmer sa personnalité, l’adolescent doit prendre du recul par rapport à ses deux parents. En restant bloqué dans la fusion complète d’une part, et le rejet total de l’autre, comment devenir soi-même ?

Dans ces circonstances, comment ne pas reconnaître qu’il ne s’agit pas d’amour mais de phénomène de prise de possession, d’emprise sur l’enfant ? Le parent aliénant confond amour et relation fusionnelle. (Et c’est peut être ce qui s’est passé dans sa relation amoureuse antérieure au divorce…)

3.4.6. UN CERCLE VICIEUX

Une fois le processus enclenché, il est difficile pour les enfants, mais également le parent aliénant, de revenir en arrière. L’un entraînant l’autre, chaque bloc se laisse déborder par l’énergie de l’autre. Les enfants, de par leur comportement, et la culpabilité inconsciente qu’il engendre, ne peuvent que persister et s’enfoncer dans la même direction, par souci de cohérence, et sous peine d’un retour à la réalité encore plus douloureux. Car il ne s’agit rien d’autre que d’un déni de la réalité du divorce.

De même, le parent aliénant, pour ne pas se discréditer aux yeux des enfants et potentiellement les perdre définitivement, ne peut pas se mettre brutalement à réprimander leur comportement. En général, il nie le problème, et considère que tout cette histoire n’existe pas, voire résulte du comportement de l’autre parent. Ce déni va de pair avec la relation d’emprise. Le pouvoir d’emprise s’établit sur la peur. Reconnaître le conflit serait accepter cette notion de dysfonctionnement, se remettre en question, commencer à en prendre conscience et dès lors ébaucher un pas vers le dialogue, donc vers des solutions potentielles. Rien de tout cela avec le parent aliénant qui s’enferme dans le non-dit et refuse surtout tout examen de conscience qui s’avérerait beaucoup trop douloureux. D’ailleurs, il est remarquable de voir les parents aliénants refuser systématiquement toute psychothérapie ou simple soutien psychologique dans cette période difficile et même toute médiation familiale pour l’exercice de la parentalité. En effet, toute intervention psychologique extérieure reconnait la part du parent aliéné dans la construction de la personnalité de l’enfant. Le but non avoué est de détruire ou éliminer l’autre parent homme ou femme, pour se reconnaître narcissiquement dans le regard des enfants comme le seul vrai bon parent.

Quant au parent aliéné, plus il en fait, plus ses actes entraînent le rejet, moins il bouge, plus le lien parent-enfant se distend. Lui est donc paralysé. Son comportement désespéré peut encore aggraver la situation.

Dans ces conditions, il est bien évident que seule une aide extérieure éclairée pourrait modifier le cours des choses. Ou le parent aliéné devra attendre que ses enfants, devenus adultes, changent éventuellement leur manière de penser en fonction des évènements de vie qu’ils traversent. Ce qui n’est pas la règle.

Le conflit, dès lors, est bloqué. Un conflit dynamique, vivant, où le dialogue reste présent permet à chaque interlocuteur de grandir et d’évoluer. Ici, ce n’est pas le cas. Tout le monde régresse, ou se positionne dans des attitudes nocives pour lui-même ou pour les autres, voire débute une maladie psychiatrique.

3.5. CONSEQUENCES SUR L’ENFANT

Le SAP est une bombe à retardement. Dans la majorité des cas, les enfants vont en apparence très bien. Les symptômes n’apparaissent que bien plus tard, lors de l’accession à la majorité et à l’autonomie. On peut parler d’une maladie chronique, celle du « manque de tiers ».

Ces effets à long terme, décrits par Stahl, peuvent donner de nombreux symptômes pathologiques différents. Ils tournent autour de la notion de la difficulté du lien, lorsqu’on fonctionne uniquement sur un mode dominant/dominé, d’un besoin de contrôle, sur son corps par exemple, et de sécurité quand tout le reste vous échappe, d’une vision du monde irrévocable et manichéenne. Ces enfants devenus adultes ont l’impression de subir plus que de décider leur vie.

Parmi les troubles décrits dans les études menées aux Etats-Unis, on peut citer :

  • Déchirures ou divisions dans leurs relations
  • Difficultés à former des relations intimes
  • Un déficit dans la capacité de gérer la colère ou un conflit dans leurs relations personnelles
  • Symptômes psychosomatiques et troubles du sommeil ou de l’alimentation
  • Vulnérabilité psychologique et dépendance
  • Relations conflictuelles avec les personnes détenant l’autorité
  • Sentiment malsain d’avoir le droit de se mettre en colère sans prétexte valable (entitlement for one’s rage) qui mène à un clivage social en général

Pour être plus concret, les enfants aliénés sont prédisposés plus que d’autres à l’anorexie, la boulimie, la toxicomanie, aux relations sexuelles précoces et aux conduites à risque en général, aux suicide et accidents suicidaires, à interrompre leurs études plus précocement, à développer une personnalité antisociale ou border line.

On ne doit en aucun cas négliger les conséquences sociales de ce phénomène, car dans la mesure où un enfant de 9 ans tient tête à un policier en refusant d’aller voir son père ou sa mère et que ce représentant de la loi ne peut rien faire de plus, comment cet enfant réagira til face à la loi lorsqu’il aura 14 ans ?

Ainsi, le SAP a des conséquences graves sur le développement des relations de l’enfant essentiellement, dans sa relation à lui-même mais aussi dans ses relations inter personnelles. Il aura beaucoup de mal à construire une vie d’adulte équilibrée, notamment dans le comportement amoureux ou vis-vis de ses propres enfants.

Par ce phénomène de dénigrement et de rejet volontaire d’un parent, les enfants se rendent coupables de l’équivalent d’un parricide ou matricide psychologiquement parlant. Le parent rejeté va peu à peu éviter tout contact pour éviter d’entretenir le phénomène post traumatique. De plus il ne pourra peut-être même plus entrer en contact avec les enfants car il n’aura plus leur numéro de téléphone, et les appels seront filtrés. Les enfants s’amputent d’une partie de leur héritage et sont responsables de leur orphelinat de père ou de mère, ce qui n’est pas la situation la moins paradoxale du SAP. Pourtant, il vaudrait mieux entrer en relation avec un parent que l’on n’aime pas, même si c’est conflictuel, plutôt que d’être orphelin.

Il leur faudra vivre avec cette culpabilité, consciente ou non, d’avoir écarté voire détruit son autre parent. Pour se punir, d’anciens enfants aliénés reproduisent « comme par hasard » le phénomène, en devenant à leur tour le parent aliéné.

Il est à noter la parenté intéressante entre le mécanisme du SAP et les moyens de séduction et de mise sous emprise utilisés par les sectes pour retenir leurs fidèles. Ceci doit être souligné car une fois conditionnés, les enfants aliénés sont plus sensibles que d’autres aux sectes. Discours manichéens, promesses d’affection absolue et actes de dénigrement à l’encontre des « autres » pour prouver son appartenance, fusion avec le gourou et rapport malsain à l’argent sont autant de thèmes que l’on retrouve dans le SAP. Dans une secte, tous ces traits sont beaucoup plus aboutis et caricaturaux. Mais le lien gourou/adepte ne pourra jamais agir aussi profondément que le lien parent/ enfant. Quant au devenir des adeptes de secte, le sujet ne rentre pas dans ce travail, mais il est extrêmement difficile de se remettre d’expériences de ce type.

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Toekomst gloort hoop tegen sociaal culturele achterstand

Stop gemeentelijke vervreemding van kinderen

Vrijheid deed haïtianen sociaal en economisch das om

De economie van haïti in drenthe

Noodhulp actie haïti heeft cholera ramp niet voorkomen

Ontbrekend in Kopenhagen waarop de wereld wacht

Moeders pap pot binding hindert jongeren bij vinden werk

Vader crisis en economie

Cijfers

Vaderen over nederland

Vaderverstoting in nederland

Problemen van kinderen in kaart met onderzoek

Moderne rolopvattingen en herleving sociale economie

Aanvragers van echtscheidingen

Cijfers van CBS over aantal scheidingen

Eerste proefschrift ouderverstoting goedgekeurd

Flitsscheiding beëindigde 30.000 relaties

Geld

Co-Ouders zijn kredietwaardig

Co-Ouders en fiscale regels voor de Benelux

Kinderbijslagplan voor gescheiden vaders

Omgangsregeling en naleven regelen in éen rechtszaak

Steeds meer fricties tussen mensen en traditionele justitie

Affectieschaden aanpakken

Relaties

CO-Ouder clubs online

Regionale justitie contactgegevens

Politiek 1.0

Eén op drie kinderen in problemen door scheiding

Collegevorming na raadsverkiezing drenthe

Ronald Palsterk over pvda verkiezingsnederlaag

Brief aan tweedekamer lid Fatma Koser Kaya van D66

Repressie

Politiebureau zet vader onder druk: 'afstand doen van kinderen'

Negatief advies welstandscommissie is vaag

Ongeloof in seks voor het huwelijk

'Kinderen van mensen die nooit getrouwd zijn geweest'

échte zoon van zijn éigen vader

Agente werpt steen door ruit bij redacteur Kind in de knel

Dissidente mensenrecht activist Cuba verhongert

Nicolaas Beugeling, vrouw en kind te Veenhuizen

Nobel Prijs Vrede naar mensenrecht activist Liu Xiaobo

Omgangsonrecht - het boek van Tjerk Bakker

Steeds meer fricties tussen mensen en traditionele justitie

Écht regelgeven 3.0

Manifest Integriteit van Co-Ouderen

In voorspoed en geluk vader zijn met levensgezel europa

Uitspraak vervangende toestemming erkenning

Belgische wet Co-Ouders bestaat 15 jaar

Brad Pitt trouwt pas als homo’s het óok mogen

Koppel alimentatieplicht en omgangsregeling

Fiscaal Co-Ouderen in de Benelux

Omgangsonrecht met kinderen na scheiden

Co-Ouder na scheiding is de norm in België

Claim na geruchtmakend Bolderkar drama

Open knowledge and freedom of communication
StatCounter geeft relevante overzichten
CSS validator test Tidy test
Een ánder Europa is mogelijk